Publicité

Samedi 12 avril 2008

Elle repose le spray sur la petite table. C’est nul, ces crèmes solaires en spray. Ca te fait croire que tu vas pas avoir de la crème pleine les mains, plein le flacon. Ca te faire croire que ton petit monde va pas devenir subitement tout poisseux, sans raison apparente. Alors tu vaporises, tu vaporises le truc blanc sur tes jambes, comme une conne. T’as encore de l’espoir. Puis t’étale sur tes jambes. Que ce soit plus blanc. T’as les mains qui collent. Et là, tu réalise que c’est nul. Parce que t’as fait qu’une seule jambe. Et que le flacon de spray, tu dois le reprendre.


Elle secoue la tête. Elle reprend pas le flacon. Elle frotte ses doigts qui puent la crème contre le rebord de la table. Y’a un peu de blanc qui reste. Elles puent toujours, ses mains. Et elles collent. Y’a l’odeur de la crème et y’a l’odeur du liège. Le vieux liège de la table, qui se barre. Elle pose les pieds sur la table. Elle jette ses vieilles sandales par terre. Sans les mains. Sinon, ça colle, ça pue. Elle tire tout doucement sur sa poche, pour pas laisser de traces. Elle sort son paquet de cigarettes. Heureusement qu’elle laisse toujours le plastique autour. On s’en fout si il colle, le plastoc. Elle l’enlèvera. Elle sort une clope. La dernière. Pas peur de tâcher les autres, ou sa poche, en fait. Elle jettera pas le plastique. Clope de vœux. Tu parles… Un truc qui t’assure d’avoir toujours ta dernière clope à fumer. Respect des traditions. Tu peux bien filer tout ton paquet, celle-là elle reste. Ton vœux, non, bien sûr. Ca marche jamais. Combien de fois elle avait pu faire le voeux, sur ces cons de clopes… Toujours le même… Et combien de paquet elle avait fumé, sans qu’il lève les yeux. Arnaque. Les vœux c’est dans ta tête. Elle gratte la pierre, ça fait des étincelles. La crème solaire a collé sur la molette. Le briquet est foutu. Putain de crème.

 

Elle jette le briquet. Elle regarde la clope, elle la retourne dans ses doigts. Puis finalement, elle la balance aussi. Ecrasée dans le cendrier. Le tabac brun bave au milieu des cendres. Ses doigts sentent le tabac maintenant. Un tabac tout collant, avec un léger parfum d’écorce morte depuis des lustres. Elle se relève. Elle se lave les mains copieusement sous l’eau glacée du lavabo. La morsure du froid, elle s’en fout. Même après la chaleur du balcon. Elle sent ses doigts. C’est bon. Ses doigts, ils sentent plus rien. Elle est de retour, son odeur. Sa bonne odeur de rien. Comme toujours. Elle pousse la porte de sa chambre et s’avachit sur son lit. Elle attrape son téléphone portable sous son oreiller. « OK ». Vous – n’avez – pas – de – nouveaux – messages. Elle raccroche. Elle repose son portable et elle enfouit la tête sous son oreiller.


Sa jambe droite est écarlate.

Par Thais - Publié dans : Scribouillages
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 12 avril 2008

Il était une fois, une petite étudiante en arts appliqués, qui eut l'idée (saugrenue ?) de faire une bande dessinée de sa modeste existence. Quelques feutres acidulés pour seul compagnon, elle s'appliqua pendant près d'un an à retranscrire son quotidien sous forme de cases courtes et acides sur son entourage. Mais peu à peu, comme toujours, le projet s'estompa, laissant seulement derrière lui une poignée de planchettes et de jolis souvenirs...

Petit flash-back de mes années Artaplok...


Donc, voilà, ça, c'est moi. Les présentations sont faites. Les autres, vous les découvrirez, au fur et à mesure, d'ici à ce que je récupère les portraits de famille.

(...)

[ARTICLE EN CONSTRUCTION POUR MANQUE D'IMAGES]
Par Thais - Publié dans : Bande-dessinages
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 8 avril 2008

Commençons par le commencement. Le commencement (c'est à dire là où j'en suis, pour ceux qui suivent pas, oui, toi, au fond, c'est bien de toi que je parle), c'est Thaïs, 17 ans, cobaye de cette insignifiante page web, gribouilleuse pro et étudiante de Z'arTech (comme on dit chez nous).

"Cher Papa Noël, pour Noël, je voudrai du talent"

Donc, plus exactement, c'est moi :
- Etudiante en histoire des arts, et peut-être à l'Ecole du Louvre l'an prochain (une chance sur cinq à peu près, croisez les doigts).
- Gribouille pour son plaisir, et parfois pour celui des autres, mais sans réel objectif.
- Deux ou trois projets de bandes dessinées plus ou moins avortés.
- Fantasme depuis plusieurs années sur le fait de jouer de la guitare, et désormais heureuse détentrice de l'instrument sus-nommé.
- Rêve d'égaler le niveau d'écriture des plus grands (ou au moins des gens de sa famille...) mais patauge un peu dans la semoule.
- A reprit le théâtre en option facultative cette année, en tire beaucoup de plaisir et d'épanouissement personnel, sans pour autant être capable de juger sa prestation personnelle.
- Plusieurs expériences, maintenant, en temps que mannequin, mais une peur panique d'essayer de passer de l'autre côté de l'objectif ou de la caméra, malgré une curiosité inébranlable.
- Un désir qui revient au galop de faire des castings pour le cinéma.

Entre autres, évidemment. C'est pas facile de faire le point, là, comme ça, un point exhaustif de toutes les ambitions (plus ou moins) avortées que je peux bien avoir en ce moment (surtout à la troisième personne, c'est vachement dur !). Mais bon, je crois ne pas m'en être trop mal tiré, et au pire, je pourrai toujours modifier cette liste plus tard (le web est une matière si fluctuante...). Je disais donc...
En fait, non, j'avais fini.



Par Thais - Publié dans : Mise-au-pointages
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 7 avril 2008

07 avril 2008, jour d'introspection.

Avec une pioche, une pelle et des vivres pour un bon mois, je suis partie en expédition à l'intérieur de moi-même, histoire de faire le point, et de planter un joli drapeau tout blanc sur ce que je suis, histoire de me réapproprier un peu.
Et j'ai découvert quelqu'un que j'étais pas tout à fait sûre d'avoir envie de rencontrer. Une fille "difficile à cerner", le genre changeant et pas forcément fiable, atrocement maladroite, avec son corps et ses mots, d'une jalousie et d'un matérialisme révoltants (et pas toujours sur des plans où on peut le justifier), à la fois timide et extravertie, mais jamais au bon moment, une fille qui ne va jamais jusqu'au bout de ce qu'elle entreprend.
C'est facile de dire...

J'aurai voulu être une artiste accomplie. Ce genre de rejeton qui sait tout faire, qu'on appelle un "génie" et qu'on pond une ou deux fois par siècle. J'ai loupé le coche. Du coup, je tatonne, un peu dans le vide.
J'ai commencé par la danse, mais en fait non.
Puis le piano, mais en fait, non plus.
Puis le théâtre, c'était mieux, j'aimais bien et j'avais ce qu'on peut appeler un peu de talent.
Puis le dessin, j'étais jamais satisfaite.
Puis la peinture, ça valait guère mieux.
Puis la sculpture, comme mon père, mais en fait non.
Puis la photo, qui n'avait jamais du sens que pour moi.
Puis la BD, où je me suis découragée toute seule alors que j'avais l'impression d'avoir trouvé une vocation.
Puis le graphisme pur et dur, trop exigeant pour moi.
Puis l'art appliqué, trop cadré.
Puis l'histoire de l'art, trop restreint, pas assez créatif.

 Parce que j'ai toujours voulu tout faire. Mais bordel, j'ai 17 ans. Si c'est vraiment ça que je veux faire, je peux encore tout essayer, j'ai le temps de me planter, de tomber, de me relever et de recommencer. Mais si je tombe sur un truc que je sais faire, et que j'aime faire, je dois foncer dans cette voie, me donner tous les moyens. Alors je vais continuer à tatonner, à expérimenter, et à chercher. Et ici, ce sera mon vide-poche, pour lâcher mes "oeuvres" et faire le point.

Si y'en a que ça intéresse...


Par Thais - Publié dans : Mise-au-pointages
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus