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Jeudi 15 mai 2008

Petite séance de body painting (à la gouache à défaut d'acrylique), avec Hachikô au bout du pinceau. L'occasion de faire un shoot : plaid vert, botte de paille sèche, pantacourt kaki, et un joli petit appareil (amateur) oublié par ma famille en week-end (de six jours). Donc, Hachikô à la peinture et la photo, et moi, simplement au posage =)

Celle-ci, aucunes retouches. Elle est un peu floue, certes, mais je trouve l'effet très intéressant.

Pratiquement la même, mais avec quelques retouches sur la lumière et les contrastes (by me). Les brins de paille donnent un dynamisme sympa, je trouve.

Nouvelle pose, et de menus éclaircissements. Difficile de pas trop faire ressortir ma joue trop rouge (j'avais la tête tournée dans l'autre sens contre le plaid pendant l'heure et demi de peinture ^^).

Et voilà la dernière. J'aime bien les couleurs sur celle-là, et l'effet vieilli que ça donne. Les angles unis dans les coins, ça fait album photo, ça va bien ensemble, je trouve...
Par Thais - Publié dans : Photographages
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Lundi 21 avril 2008

Vous savez ce que c'est, une journée longue, pénible, fatigante, mal de ventre, déprime et petit frère chiant, tu rentres chez toi avec une vieille envie de loquer devant les pires télé-foutaises. Alors tu se poses, chocolat, pain au lait, et télécommande. Tu commences par taper le numéro d'une chaîne culturelle, 801, les bandes annonces de films. Puis quand tu captes qu'elles passent en boucle et que tu les as déjà vu la veille au soir, tu zappes. Et là, erreur fatale, tu appuie sur la touche "1".

Jean Pierre Foucault te fusille un sourire Email Diamant et te balance le traditionnel "Ne changez pas de chaîne, nous revenons dans un instant et nous continuerons à jouer avec ******". Tu te prends au jeu. Tu regardes trois-quatre pubs de shampooings gazon-sirop d'érable,  de steaks hachés que chassent même les jaguars et de voitures moins polluantes parce qu'elles sont tellement chères que moins de gens les achètent, puis JPF t'accueille à nouveau, la bouche toujours pleine de dents toujours aussi blanches et brillantes et toujours aussi pleine de lieux toujours aussi communs qui peinent à masquer le rire rauque de la baleine blanche, chauve et suintante en polo saumon qui dégouline du fauteuil voisin. Toi tu bloques, t'arrête le chocolat parce que bon, il est sept heures, et tu regardes avec d'autant plus d'attention. Et soudain, frayeur. Tu découvres la décadence de la culture, du QI, de la logique, de l'intelligence, de l'humanité, quoi. Soupir. Complèter la chanson de Blanche Neige "Un jour mon prince viendra, un jour...". Et ****** demande le 50/50. Il se fait les 3000 euros d'une façon aussi pathétique, et il hésite, en plus, tout ça pour perdre deux questions plus loins, pour cause de plus de jokers, et retomber à 1500 euros. Il pourra se refaire le ratelier supérieur de ses chicots pourris, tu te dis. Il pourra pas y avoir pire, tu te dis aussi. Optimiste. Y'a une fille, sympathique, un peu niaise, qui met plus de 7 secondes à classer des desserts par ordre alphabétique et trouve par chance une réponse sur le Titanic puis abandonne à 6000 euros sur une question sur le ministre de l'Education conseillé par Jospin. Pas terrible, mais bon. Mieux, tu te dis. Au moins, elle a pas perdu, alors tout n'est pas perdu... L'espoir revient, disons. Puis, il arrive, le blond, qui met 10 secondes à classer des durées de la plus courte à la plus longue. Dès le départ, son air bouffi d'orgueil et sa prétention te revient pas. Puis au moment où il demande l'avis du public à la question "Quel personnage de conte est en fait un grand cygne ?" (Sindbad le marin, le Vilain Petit Canard, le Chat Botté ou le Petit Poucet ?), t'es content que l'espèce d'atroce corne qui sert d'alarme à la fin de l'émission retentisse. Parce que là, tu satures, ça te colle la nausée, et quand tu pensais aux pires télé-foutaises, c'était quand même pas à ce point.

Alors t'éteins, et ton petit frère chiant rallume, tant pis, tu te connectes sur le net. Tu vas voir tes mails. Puis c'est pas mieux, en fait.
Par Thais - Publié dans : Scribouillages
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Mercredi 16 avril 2008

Bon, voilà, un petit dessin connu pour ceux qui me... bin pour ceux qui me connaissent. J'avoue qu'après l'avoir fini, j'en étais très fière.

Pour la petite histoire, il s'agit d'Atsushi, un des protagonistes d'une BD entamée par un groupe de branlots (dont je tairai le nom ici) sans aucune motivation -ce qui explique le non-aboutissement de la chose, c'est bien malheureux- (et que mes détracteurs se taisent et ne dévoilent pas aux gens que j'étais parmi les trois glandeurs qui ont commis cette histoire, merci à eux). Hum, donc, voilà, en gros, on est en 2219, deux-trois guerres et un hiver nucléaires après notre aire, au Japon (plus précisément ce qu'il reste de Tôkyô), et lui, c'est un champion de snowboard (sport très apprécié depuis que la neige recouvre l'intégralité de la surface terrestre du globe...), buveur de bière invétéré et grand séducteur de la gent féminine. En gros, le cliché type du héros. Mais bon, malgré tout, il est sympa, et surtout très agréable à dessiner (principalement quand on y arrive pas trop mal, je vous l'accorde).

Ingrédients : crayon à papier, stylos encre 0.1, 0.3, 0.6, 0.8, mines de plomb, marqueur noir moyen, papier collé, encre blanche
Par Thais - Publié dans : Gribouillages
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Mercredi 16 avril 2008

Y’en a marre. J’ai tellement envie d’écrire. Je le sens, c’est là, ça bouillonne, ça démange, ça fume. Mais ça vient pas. Il y a toujours un moment où ça vient plus. On est là, comme un intarissable puit de conversation, de réflexion, d’imagination, et puis soudain, plus rien. Toujours au mauvais moment, toujours quand on a envie de parler, d’écrire, de penser… J’ai envie, là. J’ai des fourmis dans les doigts, dans la tête, dans le cœur. Je suis face à mon écran, comme d’habitude. Mais rien ne vient. Il paraît que c’est une phase obligée pour les gens qui se prennent pour des écrivains. L’angoisse de la page blanche, ils appellent ça. Je suis pas angoissée. Je suis oppressée. C’est comme si j’avais attrapé une fluxion de poitrine sans sortir de mon salon surchauffé. Je toussote. Ca me file la migraine, cette histoire. Si j’étais un brin émotive, je crois que je pourrais pleurer. Je suis pas émotive, du coup ça m’énerve. En fait si, c’est une forme d’angoisse, de pas pouvoir cracher ce qu’on a sur le cœur et qui pèse dans les phalanges.  

L’angoisse des écrivains modernes, l’angoisse de l’écran blanc.

 

Je me ronge les ongles, mes doigts glissent sur le clavier. J’effleure la souris, je clique. La voilà, la feuille. Le cadre tout blanc, et le curseur narquois qui clignote. Je réfléchis un peu. M’est-il arrivé un évènement digne d’être raconté ? Une anecdote ? N’importe quoi ? Calme plat. Les jours où ça me bouillonne dedans, il m’arrive rien. C’est peut-être lié, qui sait ? Puis c’est forcément plus dur, d’écrire, comme ça, un peu en l’air, sans s’adresser à personne, sans sujet particulier. Au fil de la plume, disaient les surréalistes. Je me demande si Breton connaissait l’angoisse de la feuille blanche, ou Dali, l’angoisse de la toile blanche… Ca m’étonnerait. C’est l’avantage quand on écrit d’une traite, on se pose pas de question.

Je me suis toujours posé trop de questions, je crois.

 

J’étais la chaîne. J’adore Brassens, mais c’est pas évident d’écrire quand quelqu’un de plus talentueux que nous balance son génie à vingt centimètres de notre oreille. J’écoute un instant la musique du silence. Et les musiciens, ils connaissent l’angoisse du silence ? Du silence blanc… ? Moi, ça m’angoisse pas, ça m’apaise. J’ai pas l’âme d’une musicienne. Mais avec le soir qui tombe, l’écran tout lumineux, tout blanc, il me fait de plus en plus mal au crâne. Ce côté narquois m’agace au plus haut point. C’est facile pour lui. Il parle avec tout plein de 1 et de 0. L’inspiration vient vite. Je devrais peut-être me mettre à écrire en binaire, ça résoudrait ce genre de problèmes et ça irait mieux à mon côté « fille-moderne-qui-tape-tout-à-l’ordi ». Je garde l’idée pour un jour d’ennui profond. Aujourd’hui, je veux pas. Je veux une idée. Je veux écrire. Vraiment écrire.

Rien que pour rabattre le caquet de cet ordinateur prétentieux.

 

Je me rassois sur le minuscule tabouret bleu, en face de l’écran. Je nettoie mes lunettes, impassible. J’ajuste l’écran, je pose le clavier sur mes genoux, je me cale comme il faut, une bouteille d’eau à proximité et je commence à écrire. Une ou deux phrases, que j’efface. La porte s’ouvre brusquement, fracas de poches plastiques, toute une maison qui reprend vie. La famille, c’est envahissant, même quand c’est vous qui êtes chez eux… La migraine revient en même temps qu’eux. L’inspiration semble s’éloigner encore un peu, comme pour fuir l’agitation. J’essaie de me concentrer, je rassemble mes derniers neurones, je fixe l’écran tout brillant, et toujours aussi désespérément vide.

Je fais glisser le curseur jusqu’à la petite croix rouge en haut à droite.

 


Et ça vient, d’un coup. L’illumination, comme la lueur de l’écran dans la pénombre de la pièce. Attaquer le mal par le mal. La stratégie martiale appliquée à l’écriture moderne... Et le pire, c'est que ça marche.

 

Enfin je crois.

Par Thais - Publié dans : Scribouillages
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Mardi 15 avril 2008

Histoire de pas faire trop prétentieuse et d'avoir l'air de crier haut et fort que je suis en passe de devenir une artiste complète, et "self-made-girl" de surcroît, je vais publier une poignée d'articles de publicitage pour vous faire partager mes goûts et mes inspirations.

Je pensais commencer par la musique, parce que bon, sans elle, je serais pas grand chose, mais comme j'ai rien mis encore de mes gratouillages persos de cordes de guitare ou de chant (ou même de paroles...), je vais m'abstenir et commencer par le plus cohérent, les illustrateurs.

Bon, tout d'abord, celui qui a fait naître en moi les Pin Up's, j'ai cité Arthur de Pins !
case 2 : C'est prévu pour quand, cet heureux évènement ?
case 3 : Quand le futur papa aura compris que le sexe sert aussi à faire des bébés...



Personnellement, j'adore le trait, la colo et le traitement informatique. Enfin, bon, voilà, quoi. un rendu excellent, et en plus, bon l'humour de ce type m'éclate ^^"

case 1 : Je n'arrive pas à comprendre comment tu peux supporter de bosser 41 heures en dessous du SMIC... T'as déjà entendu parler des syndicats ?




(extraits des bandes dessinées PECHES MIGNONS -éditions Fluide Glamour-)
Par Thais - Publié dans : Publicitages
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Mardi 15 avril 2008

Ca me fait un peu rire, quand j’entends les gens qui critiquent notre génération. Du genre « les jeunes d’aujourd’hui, tous des branlots, des perchés, des petites frappes, des hippies, des ‘facheunes’, des junkies, des communistes, des fascistes, sans aucune conscience des réalités ». Considérez donc ceci comme un plaidoyer en faveur de la jeunesse des années 2000…

 

Parce que oui, les gens qui tiennent ce genre de propos, ils sont rares ceux qui savent de quoi ils parlent. Ils se rendent pas compte que nous, on a été enfant dans les années 90. Ils se rendent pas compte qu’on a débarqué pile dans une période déjà troublée de l’histoire, en plein dans l’affirmation du règne américain (pourquoi faire des enfants, je vous le demande ?). Ils se rendent pas compte que les premiers repères qu’on a eu, nous, c’était les Minikeums et Henri Dès. Ils se rendent pas compte qu’on a grandi en croyant qu’on verrait Ronald MacDonald en allant au cirque Zavatta avec l’école, qu’une McSalad, c’était vraiment un plat diététique, qu’une pub Tampax c’était pornographique, qu’Alizée, c’était un peu une Baudelaire des temps modernes, même si on savait pas trop qui c’était ce type, que quand on serait grand, on pourrait adopter un Pikachu, qu’un jour nous aussi on jouerait dans une comédie musicale pleines de beaux costumes tout moulants en latex violet,  qu’on pourrait se marier avec Titeuf, qu’apprendre nos tables de multiplications, ça nous servirait un jour et qu’on deviendrait un X-men si on buvait du Paic Citron. Mais passé quatorze ans, tous les fondements de notre piètre existence sont sapés, passé quinze, on pense au suicide mais on passe pas à l’acte parce que ça fait peur quand même, passe seize, on commence à fumer et boire pour faire chier nos parents, passé dix-sept, on a plus que le sexe en tête, parce que merde, Sabrina elle l’a fait avec ses trois derniers copains, que Jérémie il s’est payé la grande blonde de Terminale C et que nous, la dernière fois qu’on a vu un préservatif c’était en quatrième pour le cours d’éducation sexuelle, puis à dix-huit, on nous lâche, on nous dit « va mon fils, va ma fille, et tâche d’être quelqu’un de bien ». Le problème c’est qu’on a toujours voulu nous tenir la main, nous dire ce qui était bon, bien, cool, tendance. En plus, les parents, la famille, ils ont des procédés fourbes, du genre « Si t’arrêtes d’y croire, il viendra plus, le Père Noël, et fini les cadeaux ». Alors t’as beau vouloir grandir, tu continues à y croire, juste pour la forme, et t’entretiens sans trop le savoir cet espèce d’abominable matérialisme qu’on a tous un peu trop aujourd’hui, mais aussi un embryon de libéralisme qui aurait fait gerber tes « parents-Mai 68 ». C’est peut-être contradictoire avec l’intention de base mais les faits sont là. Ca doit être ça qu’on appelle le fossé des générations. Faut pas croire que ça concerne que cette génération-là. C’est la même chose pour tout le monde. Y’a que les facteurs qui changent. Et encore, je suis partisane d’une vision cyclique du monde (pas forcément de l’Histoire, genre les guerres, tout ça, mais disons, le cycle général, la culture, les goûts, la mode…).

 

Alors imaginez ce qui nous attend dans dix ans, imaginez ce que ça va donner les « djeuns » de 2010. Toute une génération high-tech élevé à Bob l’Eponge et Dora l’Exploratrice dès le berceau, avec du Coca plein le biberon et qui veut des Converse à 80 euros avant de savoir marcher, qui va envahir les rues, les bars, les boites de nuit et peut-être un peu les collèges, quand même. Et nous, les branlots, les perchés, les petites frappes, les hippies, les ‘facheunes’, les junkies, les communistes, les fascistes, on sera tous pareil, diplômés, casés, rangés, embourgeoisés, on votera UMP et on commencera à réfléchir à avec qui on voudra pondre la future génération.

 

Et ça continue, toujours. Je vois pas pourquoi c’est nous qui devrions faire l’effort d’apprendre de nos erreurs.

Puis, bon, si personne l’a fait, c’est que ça doit pas être kiffant, non ?


 

Par Thais - Publié dans : Scribouillages
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