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Vendredi 30 mai 2008

Vous le connaissez tous. Son ombre plane sur vous. Il vous hante, qu'il appartienne au passé ou au futur (mais bon, au passé, vachement moins, quand même), ou pire, au présent. Chaque fois que vous croisez vos cours, vos livres, vos profs, vous sentez son regard qui vous transperce, vous nargue, et vous dit haut et fort "Haha ! Gros naze ! T'y arriveras jamais !". Oui, c'est lui. Non, pas lui, l'autre. Juste derrière. Là, lui. Oui, c'est le baccalauréat (le bac, pour les intimes, les djeun's, leurs profs et les gens qui pensent que ça s'écrit "bac à lauréats"... Ok, un peu pour tout le monde, donc.).

C'est à cause de lui que nous, pauvres Terminales, pauvres Premières impies, nous redoutons l'arrivée de l'été, synonyme de prostration, de révisions, de cafés, de cigarettes, d'antidépresseurs, et puis bon, surtout de bac.

Et bon, je ne vaux pas mieux que tout un chacun (bon, si, d'accord, je le sais, merci, mais disons, pas sur ce sujet-là), donc, je stresse. Mes épreuves ont commencé (en gros, j'ai fini les trois étapes du bac de sport -à savoir volley, acrosport et 3x500m- et le théâtre facultatif), et ne sauraient tarder à reprendre. Donc, pour ceux que ça intéresse -le commun des mortels étant sensé être relativement au courant de ces dates-, mon oral d'Histoire des Arts aura lieu le 10 juin, puis le 16, écrit de philo de 8h à 12h ; le 17, histoire-géo le matin et espagnol l'après-midi ; le 18, littérature le matin et histoire des arts l'après-midi ; et le 19, l'épreuve d'anglais, the last but not the least. Alors voilà, pression, pression, pressiiiiiiiion... Puis, résultats du concours de l'Ecole du Louvre pendant la deuxième quinzaine de juin, donc, en gros, histoire de pas désespérer (ou en tout cas moins) si je rate, j'attendrai le 19 juin dans l'après-midi pour me connecter. Alors voilà, pression, pression, presiiiiiiiion, pressiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiion... Terreur. Tout ça.

Mais il faut garder la tête haute et les antidépresseurs bien au fond du tiroir, sous la boite de Durex©, le Closer© et la chaussette sale esseulée. Réviser ses cours sans trop se coller la pression, lire ou relire deux-trois bouquins, inventer des mécanismes de pompes suffisamment ingénieux pour passer au travers du regard infra-rouge des examinateurs et boire beaucoup (parce que bon, les moustiques, la chaleur, tout ça, faut aussi s'en occuper. Sous le bac c'est la plage, alors imaginez vous débarquer on the summer beach pleins de pustules rouges... Vous serez déjà blancs comme des fesses de missionnaires qui viennent de sortir de leur oeuf, n'en rajoutez pas !). On l'aura, le bac ! Avec mention, sans mention, du premier coup, au rattrapage, après un redoublement, peu importe. On se doute pas encore de ce que c'est, la vie étudiante.

On croit encore au père Noël, et hier encore la petite souris a échangé notre dent de lait contre un joli billet de cinq euros (qu'on avait vu dans le porte monnaie de notre mère dans l'après-midi, et même qu'elle avait pas voulu nous acheter un chouigome alors qu'elle avait des sous-euh !). Mais c'est fini, ça. Time's up. Une fois qu'on a notre bac en poche, on croit qu'on est sorti de l'auberge. Mais faut pas s'y tromper. On est peut-être sortis, mais faut encore éponger notre ardoise, et elle est plus longue que trois ou quatre jous sans pain, sans eau et sans épisode de South Park. Etudes supérieures, appart, factures, banque, impôts, métro-boulot-dodo... Partir loin, le plus souvent. Seul, surtout. Seul.

On est encore des gosses, on mange du Kiri© et on chante les chansons des Disney dans la cour de notre bahut, et du jour au lendemain, on est lâché dans la cour des grands, et les chansons des Disney, on les apprend à nos gosses, à nos neuveux, nos petits-cousins ou pire, aux gosses qu'on est obligé de garder pour que la mère célibattante du troisième nous aide à nous racheter une ou deux conserves de pois-chiches pour finir le mois (parce que bon, on est que le 8 et 22 jours sans manger, c'est un poil trop. 15, passe encore, mais bon...).

 

Alors, les gens, avant de vous plaindre, de stresser, et de vous débarasser discrètement de vos Closer et vos Durex pour chercher l'amour de votre vie (quelqu'un qui voudra bien que vos enfants s'appellent Sophie et Jules, et qui soit du sexe opposé au votre, si possible) parce que c'est plus sérieux pour l'adulte que vous vous apprêter à devenir, souvenez-vous que c'était vraiment cool, d'être jeune et insouciant. Perdez pas cette fraîcheur qui fait que les gens vous apprécient, qu'elle, ou lui, ou eux vous aiment, perdez pas la roseur de vos joues pour un gris terne comme une architecture de Perret. On est tous encore un peu jeune, et aucun métro, aucun boulot et même aucun dodo ne nous empêchera jamais de manger du Kiri© devant Alice au pays des Merveilles !


 

[Mon premier appart. Je regrette que ça se soit terminé comme ça, n'empêche. Ca me manque, vous me manquez, ON me manque...]

Par Thais - Publié dans : Mise-au-pointages
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Commentaires

Kif.
Commentaire n°1 posté par Fix le 30/05/2008 à 19h58
Simple mais efficace ^^
Réponse de Thais le 30/05/2008 à 20h27
Exellent article !! Faut savoir se souvenir qu'on a été jeunes, et moi j'aimerai le rester avec quand même assez de matirité pour être une adulte..enfin ché pas trop si je serais vraiment adulte mais je serais pas comme les autres c'est sur enfin je l'espère....
Piiii ma Thaissounette j'ai pas envie de te mettre la pression encore plus alors je parlerais pas du bac a part pour dire que moi j'ne garde un merveilleux souvenir, mais en même temps c la que j'ai vu ton frere pour la premiere fois alors c particulier^^
Je t'embrasse et on se tien o courant pour la sortie dont Rudy t'a sans doute parlé^^
a bientow
Commentaire n°2 posté par Aurélie le 30/05/2008 à 20h18
Youp, merci beaucoup pour le com ! Pour la sortie, on se tient au courant, il a dû te donner mes dates de dispos. Allez, ciao !
Réponse de Thais le 30/05/2008 à 20h28
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